Des nids blancs en haut des pins, des chenilles qui défilent en file indienne au printemps : en Gironde, la chenille processionnaire du pin est partout. Elle n'est pas qu'un ennemi des arbres, c'est aussi un vrai risque pour la santé. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut s'en protéger sans aucun produit, à condition d'agir au bon moment.
Pourquoi elles sont dangereuses
Chaque chenille est couverte de poils microscopiques très urticants, qui se détachent et s'envolent facilement. Démangeaisons, plaques rouges, yeux irrités, parfois gêne respiratoire : il suffit de passer sous un arbre infesté pour être exposé. Pour les chiens et les chats, le danger est encore plus grand s'ils reniflent ou lèchent une chenille : c'est une urgence vétérinaire.
Depuis le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, les processionnaires du pin et du chêne sont d'ailleurs classées parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine.
Leur cycle, saison par saison
- En été, les papillons sortent de terre, s'accouplent et pondent sur les aiguilles de pin ;
- à l'automne, les jeunes chenilles se nourrissent et tissent leurs nids soyeux ;
- en hiver, les nids blancs sont bien visibles en haut des arbres ;
- à la fin de l'hiver ou au printemps, les chenilles descendent le long du tronc en procession pour s'enterrer. C'est la période la plus dangereuse. Quand l'hiver est doux, elle peut commencer dès janvier.
Les pièges, et quand les poser
Le piège à collier est le plus efficace contre la procession. Une collerette posée autour du tronc intercepte les chenilles qui descendent et les guide vers un sac rempli de terre, où elles restent prisonnières. Il doit être en place avant la descente : l'automne est donc le bon moment pour y penser.
Le piège à phéromones agit en été, sur les papillons. Il diffuse une odeur qui attire et capture les mâles : moins d'accouplements, donc moins de chenilles l'hiver suivant.
Enfin, les nichoirs à mésanges sont un vrai plus : les mésanges font partie des rares oiseaux qui mangent ces chenilles.
Les erreurs à éviter
- Toucher un nid ou une chenille, même mort : les poils restent urticants très longtemps ;
- brûler ou secouer un nid : cela disperse les poils dans l'air ;
- attendre de voir la procession pour réagir : il est alors trop tard pour poser un piège à collier ;
- laisser les animaux près des pins à la fin de l'hiver et au printemps.
Pensez aussi à vous renseigner en mairie : certaines communes ou préfectures prennent des arrêtés sur la lutte contre les processionnaires.
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